Plusieurs centaines de Zambiens arborant des T-shirts jaunes se sont rassemblés le 20 juillet 2019 dans la capitale Lusaka, pour le lancement d’une campagne contre la corruption et le pouvoir du président Edgar Lungu. Nom de la campagne : “Yellow Card”, en français “Carton jaune”, sous-entendu contre la corruptionLes manifestants, dirigés par deux champions de la lutte anti-corruption, Laura Miti et le chanteur Chama “Pilato” Fumba, se sont massés devant le Parlement, scandant des slogans anti-corruption et agitant des cartons jaunes. “Ce n’est que le début de notre campagne de cartons jaunes”, a prévenu Laura Miti, qui dirige l’ONG Alliance for Community Action (ACA). “Nous n’accepterons pas que notre pays soit détruit sous nos yeux”, a-t-elle expliqué.

(“La vision organisationnelle de l’ACA est ‘une Zambie dans laquelle tous les citoyens jouissent du bénéfice plein et équitable de toutes ses ressources’. Notre personnel et les membres de notre conseil d’administration ont participé (à la manifestation) parce que nous craignons que la Zambie s’écarte de cette voie et ait besoin de se ressaisir”.)
“Cette manifestation est la première de cellesà venir. (…) Le peuple de ce pays va le construire. Avec comme ferme conviction que la Zambie est un pays comme les autres et que ses habitants sont des êtres humains qui méritent dignité et fierté”, a déclaré de son côté Pilato, cité par le site lusaktimes.com. La marche du 20 juillet était “un message d’avertissement. Un message pour dire à notre gouvernement: ‘Vous disposez de temps, alors faites ce qu’il;faut’.Dérive autoritaireLaura Miti et Pilato avaient été brièvement arrêtés pour avoir manifesté en septembre 2017 devant le Parlement pendant que le ministre des Finances présentait son projet de loi budgétaire pour 2018. Les manifestants dénonçaient notamment l’achat prévu de 42 véhicules d’intervention pour les sapeurs-pompiers au prix, à leurs yeux, aussi extravagant que suspect d’un million de dollars chacun.Depuis sa réélection en 2016, le président zambien Edgar Lungu est régulièrement accusé par ses adversaires politiques de dérive autoritaire. Il a essuyé de vives critiques en 2018 en faisant emprisonner son principal rival Hakainde Hichilema.En janvier 2018, le ministre des Affaires étrangères Harry Kalaba avait annoncé sa démission en dénonçant une “corruption croissante” au sein du gouvernement. Une ancienne ministre du Développement communautaire et des Services sociaux, Emerine Kabanshi, accusée de fraude, doit être jugée en août 2019 à Lusaka.En 2018, cette affaire avait motivé la décision du Royaume-Uni de suspendre son aide bilatérale à ce pays d’Afrique australe. Lequel est le deuxième producteur de cuivre du continent.

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