Chicago, le 4 juin 2007 – En augmentation, le cancer du foie est le huitième cancer dans le monde. Très répandu dans les pays en voie de développement, ce cancer reste très difficile à traiter. Mais l’arrivée de thérapie ciblée permet aujourd’hui d’apporter un peu d’espoir. Le point avec le Dr Emmanuel Mitry de l’hôpital Ambroise Paré (Boulogne).
Très répandu en Chine qui rassemble 45 % des cas mondiaux, le cancer du foie (ou carcinome hépatocellulaire) est également en augmentation en France où l’on compte près de 6 000 nouveaux cas par an. Découvrez les traitements d’aujourd’hui et de demain.Un cancer au pronostic difficile

Quelles sont les causes de ce cancer en augmentation ? « Le principal facteur de risque du cancer du foie est la cirrhose, qui est le plus souvent secondaire à une maladie alcoolique (70% des cas en France) ou une infection chronique par les virus de l’hépatite B ou C. Mais parfois, la seule infection par le virus de l’hépatite peut entraîner directement un tel cancer » nous précise le Dr Emmanuel Mitry de l’hôpital Ambroise Paré (Boulogne). Ce cancer cumule plusieurs difficultés tant du plan du diagnostic que du traitement :
Un diagnostic le plus souvent tardif
En effet, ce cancer peut rester longtemps dénué de symptômes et n’être détecté qu’à la suite d’une autre maladie (

cirrhose
,

hépatite…) ou d’une complication (hémorragie digestive, ictère – jaunisse…). Quand ils existent, les signes cliniques ne sont pas toujours spécifiques (douleurs abdominales, fièvre, fatigue… Résultat : le diagnostic intervient souvent tardivement sur des formes avancées de cancer. Le diagnostic repose principalement sur les techniques d’imagerie :

échographie abdominale,

scanner scanner et

IRM. Ces examens peuvent éventuellement être complétés par une biopsie hépatique.
Un traitement difficile
Le traitement dépend de la taille de la tumeur. Découvert précocement, le traitement est essentiellement chirurgical (ablation d’une partie du foie – hépatectomie) si le stade de la cirrhose n’est pas trop avancé. Plus rarement, la transplantation hépatique est envisagée pour les petites tumeurs chez des sujets jeunes. D’autres traitements locaux sont également possibles : traitements intra-artériels (ou chimioembolisation qui consiste à injecter la chimiothérapie directement au foie via le système artériel) ou de la radiofréquence (destruction par micro-ondes ).
Mais du fait de sa localisation et de ses symptômes peu caractéristiques, le diagnostic intervient, dans plus de la moitié des cas, trop tardivement sur des formes avancées. « Dans ce cas, le traitement est rendu difficile par l’absence d’efficacité des techniques traditionnelles (

chimiothérapie,

radiothérapie,

hormonothérapie…) et l’insuffisance hépatique qui rend difficile le traitement médicamenteux. Le traitement se borne alors à améliorer la qualité de vie des patients » avoue le Dr Mitry.
Les premiers résultats des thérapies ciblées
Face à cette absence de traitement, les cancérologues attendaient beaucoup des premières études utilisant les dernières générations de thérapies ciblées, dernières-nées des armes anti-cancer. Le principal espoir reposait sur les composés anti-angiogéniques capables d’affamer la tumeur et qui ont déjà prouvé leur efficacité dans différents cancers : du rein, du sein, du côlon, du poumon, du sein…
Lors du congrès 2007 de la société américaine d’oncologie clinique (ASCO), une étude internationale a évalué l’efficacité du sorafenib (

Nexavar ®) face au cancer du foie. Plus de 600 patients atteints de formes avancées de cette maladie ont reçu soit ce comprimé soit un placebo (composé inactif) pendant six mois. « Les résultats attestent d’une prolongation de la survie de 44 %. La survie moyenne des patients traités par

Nexavar ® était de 10,7 mois contre 7,9 pour ceux traités par placebo, soit un gain de survie de près de trois mois » souligne le Dr. Mitry. La tumeur a progressé après 5,5 mois pour les patients traités contre 2,8 mois pour les autres. Rares, les principaux effets secondaires du traitement ont été des diarrhée (11 % contre 2 %) et des réactions cutanées (8 % contre 1 %).
Des résultats si positifs que l’étude a été prématurément stoppée, tous les patients bénéficiant finalement du médicament.
Vers un bouleversement de la prise en charge
« Bien que la recherche sur le cancer ait largement progressé, le nombre de vie perdues à cause du cancer du foie continuent d’augmenter. Pour cette raison, ces résultats représentent une espoir inédit et

Nexavar ® pourrait devenir le nouveau traitement largement approuvé pour ce cancer difficile » témoigne le Dr. Jordi Bruix, directeur de la clinique du cancer du foie de Barcelone et co-auteur de cette étude. Autant dire que l’on devrait rapidement avoir une autorisation de mise sur le marché du sorafenib dans cette indication.
Mais cette première étude n’est qu’une première étape. « Demain, ce composé devrait pouvoir être testé en adjuvant, c’est-à-dire après la chirurgie sur des formes moins évoluées afin de réduire le risque de récidives (qui restent très fréquentes dans ce cancer). Par ailleurs, des études sur d’autres

composés anti-angiogéniques, pourraient donner de bons résultats, élargissant ainsi l’arsenal thérapeutique face à ce cancer difficile. On peut imaginer demain des combinaisons de ces nouvelles molécules sur un mode d’association ou sur un mode séquentiel (l’une après l’autre). Ce sont les enjeux de ces prochaines années » conclut le Dr. Mitry.David BêmeSource : ASCO 2007 – Abstract LBA1Click Here: Fjallraven Kanken Art Spring Landscape Backpacks

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