Des chercheurs européens ont découvert une origine génétique à certaines formes d’obésité. Selon leurs résultats, l’absence d’un petit fragment sur le chromosome 16 est responsable de 1 % des cas d’obésité commune. Le risque pour les personnes ayant cette caractéristique génétique de développer une obésité sévère serait multiplié par 50 !

L’équipe lilloise du professeur Philippe Froguel, chercheur au CNRS, associée à celle de l’Imperial College de Londres et du Centre hospitalier universitaire vaudois de Lausanne et dix autres groupes de recherches européens se sont intéressés au rôle joué par l’absence d’un petit fragment du chromosome 16 dans l’apparition d’une forme sévère d’obésité. Cette perte d’une infime partie d’un chromosome est appelée “microdélétion“. Elle entraîne la suppression de trente gènes différents dans cette région. Les chercheurs ont découvert que cette microdélétion, absente chez la plupart des individus, est relativement fréquente chez des personnes obèses. Ils l’ont décelée chez 31 adolescents et adultes présentant un retard dans les acquis scolaires. Tous les sujets porteurs de cette anomalie étaient obèses. Pour prouver qu’elle intervenait dans la régulation du poids, les chercheurs ont étudié l’ADN de 16 053 individus européens de poids divers. Parmi ceux-ci, 19 seulement sont porteurs de la microdélétion au niveau du chromosome 16. Mais tous ont développé un surpoids pendant l’enfance et l’adolescence, puis sont devenus obèse à l’âge adulte.Les chercheurs estiment ainsi que cette anomalie, qui concerne moins d’une personne sur mille en général, explique 0,7 % des cas d’obésité commune et 3 % des cas de personnes en surpoids associé à des troubles du développement mental. De plus, le risque de développer une obésité sévère pour des individus porteurs de cette anomalie génétique est multiplié par 50.L’obésité est une pathologie de plus en plus répandue dans le monde (400 millions d’adultes obèses en 2005 selon l’Organisation mondiale de la santé). Rappelons que si elle comporte certainement une origine génétique (une trentaine de gènes ont déjà été identifiés), elle est avant tout liée à des facteurs sociétaux bien identifiés (sédentarité, nourriture…) contre lesquels il est possible d’agir au quotidien.Ioanna SchimizziSources :Communiqué du CNRS du 3 février 2010Nature 463, 671-675 (4 February 2010)

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