Un accès de colère multiplie par près de 5 le risque d’infarctus du myocarde dans les deux heures qui suivent, selon une étude américaine publiée dans le European Heart Journal.

La colère multiplie par près de 5 le risque d'infarctus !

La colère a fait l’objet de nombreux travaux ; nous savions déjà qu’elle est plutôt mauvais pour la santé, mais nous voulions quantifier ce risque, pas seulement pour l’infarctus du myocarde, mais aussi pour les autres évènements cardiovasculaires potentiellement mortels“, explique le principal auteur de l’étude, Elizabeth Mostofsky, du Beth Israel Deaconess Medical Center à Boston.Avec ses collègues, elle a passé en revue toutes les études publiées sur le sujet entre 1966 et 2013, et en a identifié neuf dans lesquelles les participants devaient décrire leur degré de colère juste avant un évènement cardiovasculaire et à d’autres moments, à l’aide de termes tels que “très en colère“, “furieux“ ou “enragé“.La colère multiplie le risque d’anévrisme cérébral par 6,3Malgré des méthodologies différentes, les travaux mettent en évidence “un risque accru d’évènements cardiovasculaires immédiatement après un accès de colère“, indiquent les chercheurs.Le risque d’

attaque cardiaque ou de

syndrome coronaire aigu (qui se manifeste par des symptômes tels qu’une douleur thoracique, un essoufflement ou des sueurs liés à l’obstruction d’une artère) était 4,7 fois plus élevé dans les deux heures suivant une grosse colère, par rapport à tout autre moment de la journée. Le risque d’

accident vasculaire cérébral (AVC), lié à l’obstruction d’une artère dans le cerveau, était quant à lui 3,6 fois supérieur, et celui d’anévrisme cérébral était 6,3 fois plus élevé dans l’heure suivant une colère.Les chercheurs ont également examiné deux études portant sur un lien éventuel entre

arythmie (

trouble du rythme cardiaque) et

colère. Selon leur analyse, les patients porteurs d’un défibrillateur cardiaque avaient deux fois plus de risque que les autres de présenter un trouble du rythme nécessitant une défibrillation dans les 15 minutes suivant un coup d’éclat.Inciter les gens à mieux gérer leur colèrePour les auteurs, l’intérêt de ces résultats est d’inciter les gens, et particulièrement ceux dont le risque cardiaque est connu, à apprendre à gérer leurs émotions et d’amener les médecins à leur proposer des stratégies médicamenteuses ou psychosociales pour les y aider.“Il est important de garder à l’esprit que malgré l’accroissement significatif du risque d’évènement cardiovasculaire en lien avec la colère, le risque global pour les personnes qui ne présentent pas de facteurs de risque tels que le tabagisme ou une pression artérielle élevée est relativement faible“, nuance l’un des auteurs de l’étude, le Dr Murray Mittleman, médecin dans l’Institut cardiovasculaire du Beth Israel Deaconess Medical Center. Les patients présentant des risques cardiovasculaires importants ou en proie à de violents accès de colère devraient, en revanche, faire l’objet de plus d’attention.Amélie PelletierSource : “

Outbursts of anger as a trigger of acute cardiovascular events: a systematic review and meta-analysis“, European Heart Journal, 3 mars 2014.

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