Qui ne s’est jamais jeté sur une tablette de chocolat ou un paquet de chips pour se calmer ? A l’inverse, lorsque nous sautons un repas, nous sommes plus tendus, irritables… Les liens entre le stress et l’alimentation sont extrêmement forts et l’anxiété a un effet direct sur notre appétit et notre ligne. Le calme est-il au bout de la fourchette ?

Les résultats de nombreuses recherchesprésentés lors du congrès “Stress etNutrition“ à l’institut Pasteur de Lille permettent de mieuxcomprendre les liens entre le stress et l’alimentation.Manger, c’est dans la tête !Comment expliquer les liens entre alimentation et stress ? Toutsimplement parce que l’appétit, c’est dans la tête.Comme le souligne Françoise Rohner-Jeanrenaud, del’université de Genève (Suisse), l’équilibreentre les apports et les dépenses est maintenu par desinteractions entre le système nerveux central et les organesdu système digestif.Ainsi, de nombreuses hormones synthétisées remontentau cerveau pour contrôler l’appétit : l’insulinesynthétisée par le pancréas, la leptine issuedu tissu adipeux, la ghréline en provenance des intestins,etc. servent à réguler l’appétit au niveaucérébral (voir à ce propos notre article Lesmécanismes de la faim). Sans parler bien sûr desneuromédiateurs qui vont êtresécrétés directement dans le cerveau,liés au sensation de plaisir notamment. Toutes cesinteractions ont un effet sur la sécrétion d’hormonesliées au stress… et inversement !Le stress fait manger !Comment concrètement réagissons-nous au stress ? Ilsemble que la réponse “physiologique“ soit de manger plus !Comme le souligne France Bellisle, de l’hôpital del’Hôtel-Dieu (Paris), les expériences menéeschez l’animal vont dans ce sens. Ainsi, lorsque vous pincez laqueue d’un rat, celui-ci va ensuite manger, même s’il estrassasié. Il s’agit d’une sorte de compensation de ladouleur par la nourriture. De manièregénérale, tous les petits stress entraînent uneprise alimentaire plus importante. A l’inverse, les situationstrès douloureuses, les tensions extrêmes coupentl’appétit. Bien sûr, peu d’études ontété réalisées chez l’homme, car il estéthiquement impossible de soumettre des cobayes humainà un stress prolongé ! Mais les recherches semblentmontrer que chez des individus en bonne santé, le stressquotidien modéré seul n’est pas suffisant pourinduire une alimentation en excès.Les régimes portent sur les nerfs !Toujours selon France Bellisle, le stress va pourtant induire uneconsommation d’aliments en excès chez ceux qui sontdéjà fragilisés. Et le facteur principal defragilité serait… les régimes ! En effet, lesrestrictions successives dérèglent lesmécanismes de la faim. Plusieurs études ont ainsimontré que ces obsédés de la ligne sont nonseulement plus vulnérables au stress, mais réagissentessentiellement par une prise alimentaire plus importante. Etsouvent le choix se porte sur les aliments gras et sucrés,sources de plaisir… D’où une prise de poids, quielle-même risque de générer du stress.. etc’est le départ d’un véritable cercle vicieux !:Manger pour rester Zen ?Mais si manger des aliments gras ou sucrés permet souvent decalmer les tensions, d’autres nutriments ont une influence directesur le stress, à plus long terme. Ainsi, certains composantdes protéines peuvent aider à fabriquer desneuromédiateurs dans le cerveau qui permettent de luttercontre le stress. Selon Olivier Coudron de Paris, la tyrosine parexemple, va permettre de corriger les déséquilibresliés au stress. De même, certains composés dulait (lactorphine…) sont de véritables anxiolytiques !Citons également les fameux acides gras Oméga 3 quel’on trouve dans les poissons gras, et qui peuvent limiter l’effetdu stress sur l’organisme. Enfin, le magnésium est connudepuis longtemps dans les réactions de stress, toute carenceen cet oligo-élément favorisant l’impact des tensionssur le corps.En dépassant le cadre strict de la nutrition, il sembleégalement que l’activité physique joue un rôlesur le maintien de la paix intérieure… Ainsi, pouréviter le stress, il n’y pas de secret : alimentationéquilibrée et activité physique sont les deuxpiliers de la zenitude !Alain SousaSource : Stress et Nutrition, Cinquièmes entretiens del’institut Pasteur de Lille, Juin 2003.

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