Le traitement du cancer de l’ovaire repose sur la chirurgie suivi d’une chimiothérapie. Mais cette maladie peut devenir résistante à la chimiothérapie la plus courante. Selon une étude présentée lors du congrès américain sur le cancer ASCO 2012, l’ajout d’un médicament (bevacizumab commercialisé sous le nom d’Avastin ®) à une autre chimiothérapie réduit de moitié le risque de progression de cette maladie difficile à traiter.

Le bevacizumab permet d'améliorer le traitement des cancers de l'ovaire récurrents.

Le difficile traitement du cancer de l’ovaire récurrent

Dans le monde, le cancer de l’ovaire compte parmi les cancers gynécologiques féminins les plus mortels avec 140 000 décès par an1. En France, c’est la 7e cause de cancer chez la femme avec 4 430 nouveaux cas estimés en 2008. C’est par contre la 4e cause de décès par cancer chez la femme. A l’origine de ce pronostic sombre, un diagnostic souvent tardif à un stade avancé1. Les enjeux sont de permettre un diagnostic plus précoce et de disposer d’armes thérapeutiques plus efficaces. La prise en charge repose sur la chirurgie, pour enlever aussi largement que possible la tumeur. Mais malheureusement, chez la majorité des patientes, le cancer s’est développé ou a disséminé et une chimiothérapie est nécessaire1 (la chimiothérapie est associée depuis 2012 le bevacizumab (Avastin ®)2, un médicament antiangiogénique qui permet de retarder l’évolution de ce cancer3,4).Mais après chirurgie et chimiothérapie, la maladie n’a pas toujours dit son dernier mot. “La plupart des femmes souffrant de cancer de l’ovaire avancé voient leur maladie progresser après traitement et presque toutes développent à un moment ou à un autre une résistance à la chimiothérapie au platine, ce qui limite considérablement les options thérapeutiques“ précise le Pr. Eric Pujade-Lauraine, professeur en oncologie médicale et chef du service d’oncologie médicale de l’Hôtel-Dieu (Paris).Vers un changement de la prise en chargeL’étude présentée dans le cadre du congrès ASCO 2012 s’est donc intéressé à ces patientes qui ont une maladie “résistante au platine“ (avec une récidive du cancer datant de moins de 6 mois après la dernière chimiothérapie à base de platine). Les chercheurs ont comparé une chimiothérapie (non à base de platine5) seule ou en association avec le bevacizumab (Avastin ®) chez 361 patientes6. La vidéo ci-dessous du laboratoire Roche à l’origine de ce médicament explique le mode d’action de ce médicament.

Après un suivi moyen de 13,5 mois, 75 % des femmes qui ont reçu l’association ont eu une rechute, contre 91 % des femmes sous chimiothérapie seule. Chez les premières, la période moyenne pendant laquelle la maladie ne s’est pas aggravée (survie sans progression médiane) a été de 6,7 mois, contre 3,4 mois chez celles sous chimiothérapie seule. Le risque de voir la maladie progresser a été réduit de moitié chez les femmes ayant reçu le bevacizumab (Avastin ®) plus chimiothérapie, par rapport à celles uniquement traitées par chimiothérapie7.“Ces résultats sont très significatifs puisque l’addition du bevacizumab offre une nouvelle option thérapeutique à 20 % des femmes atteinte d’une maladie qui est résistante au platine, mais aussi à celles qui verront leur maladie le devenir“ s’enthousiasme le Pr. Eric Pujade-Lauraine, principal auteur de l’étude. Les effets secondaires ont été plus nombreux chez les femmes sous Avastin ® (hypertension,

protéinurie notamment) mais une sélection des patientes a permis de limiter les plus redoutés (perforations gastrointestinales et fistules notamment chez moins de 2 % des patientes).Cette association devrait donc devenir le prochain standard de prise en charge pour ces cancers de l’ovaire récurrents. Durant ces dernières années, plusieurs études ont témoigné de l’intérêt du bevacizumab (Avastin ®) dans la prise en charge du cancer de l’ovaire en première ou en deuxième ligne de traitement. Il reste à déterminer quelle est la meilleure stratégie de traitement (quand recourir à ce traitement et pendant combien de temps). D’autres études devront répondre à cette question…David Bême – Juin 20121 – Cancer de l’ovaire – Janvier 2010 – HAS/Inca – Guide ALD longue durée pour les médecins (

accessible en ligne)2 – Avastin – Résumé EPAR à l’intention du public – EMEA (

accessible en ligne)3 – A phase 3 trial of bevacizumab in ovarian cancer. – Perren TJ et al. – N Engl J Med. 2011 Dec 29;365(26):2484-96. (

abstract accessible en ligne)4 – Incorporation of bevacizumab in the primary treatment of ovarian cancer. – Burger RA et al. – N Engl J Med. 2011 Dec 29;365(26):2473-83. (

abstract accessible en ligne)5 – Dans le traitement du cancer de l’ovaire, la période s’écoulant entre la dernière séance de chimiothérapie à base de platine et la rechute sert à orienter le choix du type de chimiothérapie utilisé lors de la ligne de traitement suivante (paclitaxel, topotécan ou doxorubicine liposomale pégylée en administration hebdomadaire). La maladie est dite “résistante au platine“ lorsqu’elle s’aggrave dans les six mois suivant la fin de la chimiothérapie au platine et “sensible au platine“ si elle progresse plus de six mois après.6 – AURELIA: A randomized phase III trial evaluating bevacizumab (BEV) plus chemotherapy (CT) for platinum (PT)-resistant recurrent ovarian cancer (OC) – Eric Pujade-Lauraine  et al. – Abstract #LBA5002 – ASCO 2012 (

accessible en ligne)7 – Les données de survie globale ne sont pas encore disponibles.Photo : © ASCO/Scott MorganClick Here: Golf Equipment Online

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