Le grand-duc Jean de Luxembourg, dont l’état de santé s’était détériorié dernièrement, est mort à l’âge de 98 ans, selon une annonce faite le 23 avril 2019 par le grand-duc en exercice, son fils Henri, une semaine jour pour jour après son 64e anniversaire. “C’est avec grande tristesse que je vous fais part du décès de mon père bien-aimé, Son Altesse Royale le Grand-Duc Jean, qui nous a quittés dans la paix, entouré de l’affection de sa famille“, a sobrement fait savoir le chef d’Etat.

Le Premier ministre du gouvernement luxembourgeois, Xavier Bettel, a convoqué la presse à 9 heures mardi matin pour partager la mauvaise nouvelle en même temps qu’un premier hommage appuyé : “J’ai le triste devoir d’annoncer la mort du grand-duc Jean à l’âge de 98 ans, survenue ce matin à 0h25, a-t-il déclaré. C’est un dur moment pour le Grand-Duché et pour tous les habitants (…) C’est un moment triste pour toute la famille grand-ducale. Nous déplorons la perte d’un grand homme d’État, un héros et un homme bon. Au nom du Gouvernement et du pays, je veux souligner le courage du grand-duc Jean, qui a été, est et restera un symbole pour notre pays. (…) Il s’est battu pour notre liberté, pour notre indépendance et pour l’unité de notre pays.

La condition du patriarche très apprécié, qui régna durant 36 ans de 1964 à 2000, était un sujet d’inquiétude depuis son hospitalisation le 14 avril en raison de problèmes pulmonaires. “L’état de santé de Son Altesse Royale le Grand-Duc Jean s’est sensiblement dégradé depuis hier soir. Toute la famille grand-ducale est réunie au chevet du Grand-Duc Jean“, signalait la cour le 21 avril, faisant craindre une issue funeste.

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Suite à l’annonce de son décès, douze jours de deuil national ont été décrétés, jusqu’au samedi 4 mai à 18 heures, par le gouvernement, qui a observé une minute de silence lors d’une séance extraordinaire du conseil des ministres. Les funérailles du grand-duc Jean sont programmées le samedi 4 mai à 11 heures à la cathédrale, date qui a été choisie de manière à “permettre à toutes les délégations du monde entier et aux Luxembourgeois de s’organiser“, a commenté Stéphane Bern, qui a depuis 2017 la nationalité luxembourgeoise, auprès du site du quotidien Wort, dont il est un contributeur occasionnel. “C’est un chef d’État. Et beaucoup de représentants de pays et de gouvernements étrangers assisteront aux obsèques. Toute la parentèle nombreuse du Grand-Duc sera aussi présente : les 21 petits-enfants, les 15 arrière-petits-enfants, mais aussi tous les cousins et neveux et nièces du Grand-Duc et de la grande-duchesse Charlotte“, a explicité le journaliste.

Jean de Luxembourg reposera dans la crypte auprès de son épouse la grande-duchesse Joséphine-Charlotte (décédée en 2005 des suites d’un cancer), fille de Leopold III de Belgique qu’il avait épousée le 9 avril 1953, union qui produisit cinq enfants : la princesse Marie-Astrid (65 ans), le grand-duc Henri (64 ans depuis le 16 avril), le prince Jean et sa soeur jumelle la princesse Margaretha (61 ans), et le prince Guillaume (56 ans le 1er mai).

Jean de Luxembourg, “héros de l’Histoire” et souverain “très accessible”

Aîné d’une fratrie de six issue du mariage de la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg et de Félix de Bourbon, Son Altesse Royale le grand-duc Jean s’est éteint quelques semaines après sa petite soeur, benjamine du clan, la princesse Alix, disparue le 11 février dernier ; la princesse Marie-Gabrielle, 94 ans, est la dernière survivante des six frères et soeurs.

Né le 5 janvier 1921 au château de Berg, Jean de Luxembourg avait pris part en 1944 au débarquement allié en Normandie, puis à la libération de Bruxelles et celle de son pays, au côté de son père, en septembre de la même année. “C’est un Héros de l’histoire et il doit être salué comme tel“, signale à ce titre Stéphane Bern. Il avait succédé à sa mère à la tête de son pays en 1964, respectant tout au long de son règne une stricte neutralité et une discrétion absolue tout en étant un fervent partisan de la construction européenne. “Il avait ce tempérament de toujours mettre l’huile dans les rouages. Il était un facilitateur avec cette capacité à toujours créer le dialogue“, observe encore le journaliste franco-luxembourgeois à propos de ses aptitudes diplomatiques. En 2000, il abdiquait au profit de son fils Henri, se retirant ensuite au château de Fischbach et n’apparaissant plus guère en public.

Malgré cette grande réserve jusqu’à son dernier jour, le grand-duc Jean laisse l’image indélébile d’un patriarche bienveillant et populaire, que Stéphane Bern, qui a eu le privilège de le côtoyer, résume joliment : “C’était un homme d’une courtoisie incroyable, d’une simplicité, d’une gentillesse, d’une humilité et d’une chaleur humaine tout à fait étonnante. C’était un grand monsieur qui faisait partie de ces souverains très chaleureux pour qui la courtoisie voulait dire quelque chose. C’était quelqu’un de très accessible, (…) qui a toujours pensé faire plaisir aux autres. Et d’un enthousiasme…

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