94 millions, c’est le nombre de doses de vaccins contre la grippe A achetées par la France en août 2009, pour un coût total de 869 millions d’euros. L’objectif était alors de pouvoir proposer la vaccination à l’ensemble des Français, à raison de deux injections par personne. Mais le 20 novembre, l’Agence européenne du médicament a annoncé qu’une seule dose suffisait. “Depuis cette date, il est devenu évident que la France disposerait à terme, en fonction du rythme des livraisons, d’un excédent de vaccins“, indique le ministère de la santé dans un communiqué de presse.  

Avec 5 millions de Français vaccinés et 9 millions de doses données à l’OMS, la France s’est donc retrouvée avec un excédent de près de 80 millions de doses de vaccins. Dans un communiqué, le ministère de la santé annonce que 300 000 doses ont déjà été vendues au Qatar, et 2 millions de doses seraient en cours de cession à l’Egypte. “Des contacts sont en cours avec d’autres pays, en particulier l’Ukraine et le Mexique“, précise le ministère. En principe, les vaccins sont revendus à prix coutant, soit 6,25 à 10 euros l’unité, selon les laboratoires. Mais la France n’est pas seule à souhaiter revendre une partie de son stock de vaccins. Ainsi, les Allemands ont déjà proposé à l’Ukraine 2,2 millions de vaccins. De même, les Pays-Bas ont annoncé qu’ils avaient l’intention de revendre 19 millions de doses. D’autres pays tels que l’Angleterre commencent aussi à s’interroger sur la possibilité de revendre une partie de leurs stocks. La France se retrouve donc en concurrence commerciale avec de nombreux pays. Le gouvernement ne sera-t-il pas tenté de “brader“ les prix afin de revendre un maximum de doses ? C’est en tous cas l’inquiétude de Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris, qui réclame la création d’une mission parlementaire sur la gestion de la grippe A. “Suite à une politique d’achat exagérée le gouvernement vient de prendre une mesure tardive, pour vendre son surplus de vaccin, qui risque de tourner à la braderie“, dénonce-t-il. Pour ce député, la politique vaccinale est un “fiasco“ et un “échec“, car “nous avons le plus faible taux de personnes vaccinées des pays développés“. D’autres partagent ce point de vue. Ainsi, pour le Pr Bernard Debré, député UMP de Paris, “le principe de précaution a été poussé à l’extrême stupidité“. “On se trouve devant un phénomène d’emballement qui me désespère“, a enfin déclaré le Pr Marc Gentilini, ancien président de la Croix Rouge. Par ailleurs, le laboratoire Sanofi Pasteur, fabricant du vaccin sans adjuvant Panenza®, a déclaré dimanche qu’il était prêt à revoir son contrat. “Pour l’instant, il n’y a pas eu de renégociation du contrat mais s’il devait y avoir des demandes du gouvernement, Sanofi Pasteur serait disposé à les examiner“, a indiqué un porte-parole du laboratoire, selon le Nouvel Observateur. Le contrat avec Sanofi s’élève à près de 175 millions d’euros, et à ce jour seule la moitié des 28 millions de doses commandées a été livrée. Sarah LaînéSource :Europe 1 – 4 janvier 2010Communiqué de presse, ministère de la santé – 3 janvier 2010Communique de Jean-Marie Le Guen – 3 janvier 2010PHOTO : SOLAL/SIPAClick Here: cd universidad catolica

Leave a comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *