Selon la télévision publique éthiopienne (ETV), ils étaient une centaine de soldats de la troupe d’élite déployée en septembre à Burayu pour réprimer les violences interethniques dans la banlieue d’Addis Abeba, à se rendre à la résidence du premier ministre, Abiy Ahmed.
 
Internet coupé pour éviter la propagation de fausses images
Contrairement aux règles de la grande muette, ils sont descendus dans la rue, le 10 octobre 2018, pour réclamer des «augmentations de salaire et une restructuration des opérations militaires», selon ETV.
 
Au moment où ils sont arrivés à la primature, l’internet a été coupé pendant plusieurs heures dans la capitale sans qu’un lien de cause à effet ait pu être établi, selon l’AFP. Mais d’après les explications de la télévision officielle rapportées par Africanews, l’internet a été coupé sur toute l’étendue du territoire pour «empêcher la circulation de fausses images sur les réseaux sociaux».
 
Leurs doléances ont toutefois été prises en compte par le Premier ministre qui les a reçus. Selon son chef de cabinet, Fitsum Arega, il a «écouté attentivement les revendications, les a réprimandé pour la mauvaise procédure utilisée pour les exprimer, mais a conclu la rencontre avec la promesse de les recevoir correctement dans un futur proche».

Pas insensible aux revendications des soldats 
Pour bien montrer qu’il n’était pas insensible à leurs «revendications tout à fait légitimes», Abiy Ahmed a même plaisanté avec eux, selon Africanews en leur proposant de faire des pompes. Dans un tweet posté par Ethiopia Live Updates, on peut le voir à l’œuvre avec les soldats.

 
«J’ai senti une sorte d’intimité entre eux et moi et j’ai compris parfaitement bien leurs problèmes, car j’ai été moi-même soldat», aurait-il dit.

Depuis sa nomination en avril 2048, le jeune Premier ministre, âgé de 42 ans, a multiplié les réformes majeures, libérant des milliers de dissidents et de journalistes, faisant la paix avec le voisin ennemi, l’Erythrée, et annonçant la privatisation de grandes compagnies publiques.
 
Mais la multiplication des affrontements à caractère ethnique dans la capitale et des régions plus reculées a terni son action et fait craindre que le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique ne sombre dans la violence. L’armée a notamment été déployée dans le sud de l’Ethiopie en août afin d’enrayer des violences ayant déplacé près d’un million de personnes.

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