Des médecins australiens rapportent le cas d’un homme dont la cage thoracique s’est enflammée pendant qu’il subissait une chirurgie cardiaque d’urgence. Un accident qui, bien que rare, n’est pas un cas isolé.

A l’occasion du congrès annuel de la Société européenne d’anesthésiologie qui s’est déroulé du 1er au 3 juin 2019 en Autriche, des médecins australiens ont présenté un cas d’étude pour le moins particulier : alors qu’un patient subissait une

chirurgie cardiaque d’urgence, les chirurgiens ont accidentellement déclenché un feu dans sa cage thoracique.En août 2018, le docteur Ruth Shaylor et son équipe ont pris en charge un homme âgé de 60 ans présentant une

dissection de l’aorte ascendante, une fissuration de la paroi de l’aorte qui nécessite une intervention chirurgicale en urgence. Le patient avait des antécédents de

bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et avait subi un

pontage aortocoronarien un an auparavant.Un accident causé par l’oxygène et le matériel chirurgical utilisésPendant l’opération, les chirurgiens ont remarqué que le poumon droit du patient était collé à son sternum et présentait des bulles d’air, la plupart du temps causées par la BPCO. L’une d’entre elles a accidentellement été percée au cours de l’intervention, ce qui a entraîné une fuite d’air particulièrement importante. Pour éviter la détresse respiratoire, les médecins ont augmenté les débits de gaz d’anesthésie à dix litres par minute et la proportion d’oxygène à 100%.Problème : les médecins utilisaient du matériel d’électrocautérisation, une technique exploitant de la chaleur pour stopper le saignement des vaisseaux sanguins, à partir duquel une étincelle s’est déclenchée. La cage thoracique du patient a pris feu, mais celui-ci a immédiatement pu être éteint. Le reste de l’opération s’est déroulé sans encombre, et le patient s’en est sorti sans aucune séquelle.Les médecins souhaitent être mieux formés à la prévention de ce risqueBien que rare, cet accident n’est pas un cas isolé. Aujourd’hui, six sont documentés : “trois lors d’une chirurgie thoracique et trois lors d’un pontage aortocoronarien”, explique le Dr Shaylor. “Tous impliquaient la présence de matériel d’électrocautérisation, de concentrations élevées d’oxygène, et des patients avec des antécédents de BPCO ou autres maladies pulmonaires préexistantes.”C’est pourquoi selon lui, “ce cas souligne la nécessité constante d’entraîner à la lutte contre les incendies et d’établir des stratégies de prévention et d’intervention rapide afin de prévenir les dommages liés à l’utilisation de l’électrocautérisation dans les environnements enrichis en oxygène. Les chirurgiens et les anesthésistes en particulier doivent être conscients du risque de feu dans la cage thoracique lorsqu’un poumon est endommagé ou qu’il y a une fuite d’air pour quelconque raison, et que les patients souffrant de BPCO sont exposés à des risques accrus.

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