Remboursé depuis quelques mois dans le cadre du traitement de la dépendance à l’alcool, le baclofène serait utilisé dans les troubles du comportement alimentaire ou dans le cadre de régimes alimentaires amaigrissants. L’Agence de sécurité du médicament alerte sur les dangers liés à cet usage détourné.

L'ANSM alerte sur les dangers liés à un usage détourné du baclofène dans le cadre du traitement des troubles du comportement alimentaire ou de régimes amaigrissants.

Des usages détournés dans le cadre de régimes amaigrissantsL’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a identifié des utilisations non recommandées du

baclofène (

Liorésal 10 mg et

Baclofène Zentiva 10 mg) dans les troubles du comportement alimentaire ou dans le cadre de régimes alimentaires amaigrissants. Face à ce détournement d’usage, déconseille formellement son utilisation dans ces situations, ainsi que dans toutes autres situations non couvertes par l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) ou la Recommandation temporaire d’utilisation (RTU), soit respectivement le traitement des contractures spastiques d’origine médullaire et cérébrale et, depuis mars 2014, le traitement de l’alcoolodépendance.Des risques d’effets secondaires réelsL’ANSM souligne l’absence de démonstration d’un bénéfice dans ces situations, et le risque de survenue d’effets indésirables potentiellement graves. Elle juge alors que l’utilisation du baclofène est fortement déconseillée dans les troubles du comportement alimentaire ou dans le cadre de régimes amaigrissants.Pour rappel, le baclofène est un relaxant musculaire d’action centrale. Depuis 1975, il dispose d’une AMM dans le traitement des contractures spastiques de la sclérose en plaques, des contractures spastiques des affections médullaires (d’origine infectieuse, dégénérative, traumatique et néoplasique) et des contractures spastiques d’origine cérébrale. En mars 2014, une

RTU a été octroyée au baclofène dans le traitement de l’alcoolodépendance. Trois mois plus tard, un arrêté publié au Journal officiel a permis le

remboursement du baclofène dans ce cadre.Cette alerte intervient alors que la France dévoile qu’elle était

défavorable à la commercialisation du Mysimba, autorisé par l’Europe. La France ainsi que l’Irlande ont émis des doutes jugeant que “la sécurité du produit n’était pas suffisamment établie“. Mysimba combine 2 molécules approuvées séparément dans d’autres indications, le 

bupropion (indiqué dans l’aide au 

sevrage tabagique) et le 

naltrexone (indiqué dans le maintien de l’abstinence dans l’ 

alcoolisme). Des indications pour lesquelles elles peuvent être à l’origine de nombreux effets secondaires.David BêmeSource : Mise en garde sur l’utilisation hors AMM du baclofène dans les troubles du comportement alimentaire – Point d’Information – 22 décembre 2012

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